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Magnifique statue féminine, Bété, Côte d'Ivoire, XIXe siècle 
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Descrizione dell'oggetto

Magnifique statue féminine, Bété, Côte d'Ivoire, XIXe siècle , Magnifique statue féminine, Bété, Côte d'Ivoire, XIXe siècle \nSelon les caractéristiques de la très rare statuaire Bété, le personnage féminin est représenté debout sur des jambes proportionnellement courtes, accentuant l'étirement du cou et du buste aux seins menus et au dos sculpté d'un profond sillon médian. L'attitude d'offrande - membres déployés avec rigueur, mains ouvertes et paumes tournées vers l'avant - s'impose avec majesté et invite le regard à parcourir les motifs scarifiés en résilles asymétriques, se détachant en champlevé. A la dignité de la pose répond celle de l'expression. La tête - petite - montre un visage dominé par un ample front bombé et marqué par les yeux en amande largement ouverts, convergents vers les traits concentrés, très finement modelés. Elle est coiffée d'une haute natte sagittale en cheveux rapportés dont l'extrémité, retombant au centre du front, accentue le parfait équilibre de la sculpture. Les genoux sont ornés d'un anneau métallique et de cordelettes végétales. Bois léger, évidé au cœur du buste; très ancienne patine nuancée, brune et brun rouge.   \nHaut. 71 cm\n28 in
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notes

En 1964, William Fagg faisait figurer, parmi les "Cent chefs-d'œuvre" de l'art africain exposés au Musée des Arts Décoratifs (Musée du Louvre, Pavillon de Marsan), la statue féminine Bété conservée dans l'ancien Centre des Sciences Humaines (actuel Musée National), à Abidjan (cf. Fagg, 1964 : n° 13). A cette époque conservée dans une collection française et inédite, celle de la collection Brian et Diane Leyden, tout en présentant une iconographie et un style comparables, offre à la statuaire Bété une version esthétiquement plus aboutie (tension plastique, expression, équilibre des formes, qualité des modelés et de l'ornementation corporelle) - et sans aucun doute son chef-d'œuvre absolu.

La statuaire est extrêmement rare en pays Bété et sa signification demeure incertaine. Les Bété sont établis au Centre-Ouest de la Côte d'Ivoire, sur la rive gauche du fleuve Sassandra. Ils sont divisés en plus de quatre-vingt-dix groupes ne possédant pas de pouvoir centralisé et relevant de trois zones socio-linguistiques distinctes. Ces dernières correspondent aux trois pôles urbains situés aux sommets du vaste triangle dessinant le pays Bété : Daloa, Soubré et Gagnoa (Dozon, 1985 : 25).  Très peu de chercheurs ont étudié le pays et les arts Bété, et la plupart se sont concentrés sur une seule de ces aires culturelles. Denise Paulme, en 1962, publiait Une société de Côte d'Ivoire hier et aujourd'hui : les Bété, portant essentiellement sur les Bété de la région de Daloa, la plus proche à l'Est du pays Wé. Selon elle, ces derniers "[ne possèdent] pas d'activité esthétique, sculpture ni peinture (Paulme, 1962 : 10) - conclusion rejoignant les observations publiées en 1947 par C. Halouin ("Le Bété ne possède pas de fétiche propre"; 1947 : 35). Dans un même temps, Holas, entre 1950 et 1968, effectua plusieurs enquêtes en pays Bété, intégrant cette fois la région de Gagnoa (1968 : 27). Ainsi, tandis qu'elles sont inconnues en pays Wé, les statues auraient été utilisées dans la région de Gagnoa, non loin des pays Gagou et Guro : l'une d'entre elles a été trouvée dans les environs d'Ouaragahio (Verger-Fèvre in Barbier, 1993 : 90). Selon Holas (idem : 135), elle serait la figuration d'une aïeule défunte : autrefois, lors d'un décès et à la veille de l'enterrement, les héritiers mâles taillaient un morceau de bambou à la mesure du corps. Ce bambou, perçu comme le réceptacle du fluide vivant du défunt, était conservé par son plus proche parent et porté par une danseuse conduisant le cortège des pleureuses lors des fêtes commémoratives. "Cette représentation était parfois remplacée par une figurine sculptée sur bois, appelée kouéi ou yousrokpo selon telle ou telle fraction. Ce dernier cas, pourtant, se présente rarement chez les Bété" (idem).

La présence de la statuaire dans l'unique aire culturelle de Gagnoa se révèle d'autant plus significative dans le contexte d'un rapprochement stylistique avec la statuaire des Guro voisins (ample front bombé, nez court, attitude, proportions) reflétant, selon Fischer et Homberger (1985 : 228) "l'influence de la tradition des arts Bété sur la conception des statues par les sculpteurs Guro". Plus encore que le style, Fischer et Homberger (idem) d'une part, et Tauxier (1924 : 207 et 237) d'autre part, voient dans le type de scarifications ornant les statues la marque d'une influence Guro/Bété. Si la question de l'origine - Guro ou Bété - de cette tradition reste ouverte, leur lien demeure cependant probant. Cette parenté formelle et iconographique invite à reconsidérer leur signification cultuelle. L'unique interprétation connue de la statuaire Bété est celle, citée plus haut, émise par Holas en 1968. Ce rapprochement avec la statuaire Guro - agissant dans un cadre thérapeutique à la fois privé et familial (Fisher et Homberger, idem : 227-229) - pourrait ainsi constituer une possible clé de lecture de la statue Leyden. Cette dernière présente en effet la particularité, unique dans le corpus très restreint de la statuaire Bété, d'un orifice creusé dans l'abdomen ayant servi, selon toute vraisemblance, à contenir des médecines.

Tandis qu'Holas évoque au passé l'utilisation de la statuaire Bété, Jean-Pierre Dozon (1985), ayant séjourné à partir de 1972 chez les Bété de Gagnoa, n'en fait aucune mention. Selon toute vraisemblance, la très difficile conquête par les Français de la région de Gagnoa, en 1912, et sa brutale réorganisation - contrôle et transformation à la fois sociaux et administratifs, modification de l'économie  (Dozon, 1985 : 271-275) - ont provoqué un bouleversement "en partie responsable de la rareté des spécimens classés de leur art (Fagg, 1964 : 18). La statue Bété de la collection Brian et Diane Leyden peut ainsi être considérée, au regard de sa qualité esthétique et de sa patine d'usage, comme l'un des rares témoins de l'art Bété tel qu'il s'est développé à l'époque pré-coloniale.

Etant donné la rareté des statues Bété, l'absence d'information recueillie lors de leur collecte, la quasi inexistence d'études qui la mentionnent, et enfin la disparition de leur utilisation vraisemblablement à l'époque coloniale, ce chef-d'œuvre s'offre aujourd'hui par la seule puissance de sa beauté saisissante.

A MAGNIFICENT BETE FEMALE FIGURE, CÔTE D'IVOIRE

According to the characteristics of Bete statues, the female figure is represented standing on proportionally short legs, accentuating the stretched neck and bust with tiny breasts and the back sculpted with a deep furrow in the middle.  The attitude of offering - limbs rigorously extended, hands open with the palms turned forward - has an imposing majesty and invites the eye to admire the scarification motifs arranged in an asymmetrical mesh, raised from the surface to make them stand out.  The dignified pose is matched by the facial expression.  The small head has a face dominated by a wide bulging forehead, marked by wide-open almond-shaped eyes, converging towards the concentrated and finely modelled features.  The figure wears a high sagittal braid of human hair affixed to the top with the end falling over the middle of the forehead and highlighting the perfect balance of the sculpture.  The knees are decorated with a metallic ring and small fibre cords.  It is made of light wood, hollowed out in the centre of the bust, and is covered by a very old patina in brown and reddish brown shades.

In 1964, William Fagg included in the "Hundred Masterpieces of African Art", at the Museum of Decorative Arts (Louvre, Pavillon de Marsan), the female Bete statue from the former Centre of Human Sciences (now the National Museum) in Abidjan (cf. Fagg, 1964: n° 13).  At that time unpublished and part of a French collection, was the Brian and Diane Leyden female figure. The Leyden figure presents a comparable iconography and style to the Abidjan sculpture, and constitutes a more accomplished version (plastic tension, expression, balanced shapes, skilful modelling and corporal ornamentation) of Bete statuary.  It is a supreme masterpiece.

Statues are extremely rare in the Bete region, and their meaning remains uncertain.  The Bete settled in the centre-west of the Côte d'Ivoire, on the left bank of the Sassandra River.  They are divided into more than ninety groups, without a central authority, and belong to three distinct socio-linguistic zones.  There are three urban clusters situated at the top of a vast triangle delimiting the Bete country: Daloa, Soubre and Gagnoa (Dozon, 1985: 25).  Very few researchers have studied the land and arts of the Bete.  In 1962, Denise Paulme published Une société de Côte d'Ivoire hier et aujourd'hui: Les Bété, focusing mainly on the Bete of the Daloa region, the closest in the east of the We region.  According to her, the latter "(do not possess) any aesthetic activity, sculpture or painting" (Paulme, 1962: 10), a conclusion that substantiates the comments published in 1947 by C. Halouin ("The Bete do not have their own fetish"; 1947: 35).  At the same time, between 1950 and 1968, Holas carried out several investigations in the Bete country, this time including the region of Gagnoa (1968: 27).  In consequence, while they are unknown in the area of the We, statues were used in the region of Gagnoa, not far from the Gagou and Guro territories. One was found in the vicinity of Ouaragahio (Verger-Fèvre in Barbier, 1993: 90).  According to Holas (idem: 135), it appears to represent a deceased ancestor.  In the past, at the time of a death and on the eve of a burial, male heirs cut a piece of bamboo the length of the body.  This piece of bamboo, considered to be the receptacle of the living fluid of the deceased, was kept by the closest relative and carried by a female dancer leading the procession of mourners during memorial ceremonies.  "This representation was sometimes replaced by a figurine sculpted out of wood, known as kouéi or yousrokpo, depending on the group in question.  However, the latter case rarely occurred among the Bete" (idem).

The presence of statues in the unique cultural area of Gagnoa is therefore all the more significant in the context of a stylistic similarity with the statuary of the neighbouring Guro (wide bulging forehead, short nose, attitude and proportions), reflecting, according to Fischer and Himmelheber (1985: 228), "the influence of the tradition of the Bete arts on the conception of statues by Guro sculptors".  More than the style, Fischer and Homberger (idem) on the one hand, and Tauxier (1924: 207 and 237) on the other, see the sign of Guro/Bete influence in the type of scarification decorating the statues.  Although the question of origin - Guro or Bete - of this tradition remains unanswered, their link is nevertheless convincing.  This formal and iconographic similarity is an incentive to reconsider the meaning within their cults.  The only known interpretation of Bete statuary is the one submitted by Holas in 1968, quoted above.  This parallel with Guro statuary - functioning in a therapeutic context covering both individuals and families (Fischer and Homberger, idem: 227-229) - could provide a possible key to understanding the Leyden statue.  The latter, in fact, presents the particularity - unique in the corpus of Bete statuary - of an orifice hollowed out in the abdomen, which in all likelihood served to contain medicines.

While Holas refers to the past use of the Bete statuary, Jean-Pierre Dozon (1985), who stayed with the Bete of Gagnoa in 1972, makes no mention of it.  It is quite likely that the very difficult conquest by the French of the Gagnoa region in 1912, and its brutal reorganisation - social and administrative control and transformation, as well as economic changes (Dozon, 1985: 271-275) - provoked an upheaval that was "partly responsible for the rarity of classified specimens of their art" (Fagg, 1964: 18). The Bete statue from the Brian and Diane Leyden collection can therefore be seenas being one of the rare testimonies of Bete art, as developed during the pre-colonial period.

Given the rarity of Bete statues, the absence of information at the time of their collection, the almost non-existence of studies referring to them, and finally, the disappearance of their use, probably during the colonial period, this masterpiece stands out today thanks to the power of its striking beauty. 

exhibited

Smithonian Institution, National Museum of African Art, Washington D.C. (dépôt, 1989 - 2005)

dimensions

Haut. 71 cm

literature

Reproduite dans :

Alain Jacob, Statuaire de l'Afrique noire, Paris, 1976 : 70

John McKesson, "La collection Leyden" in Arts d'Afrique noire, 1982 : 11,

Robbins & Nooter, African Art in American Collections, 1989 : 170

provenance

Ancienne collection française

J.J. Klejman, New York

Collection John A. Friede, New York

Galerie Michael Oliver, New York (vers 1980)


*Nota: il prezzo non corrisponde al valore odierno, ma si riferisce soltanto al reale prezzo di aggiudicazione al momento dell'acquisto.

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